Lyon/Paris - Paris/Kuala Lumpur - Kuala Lumpur/Brisbane ... en tout 30 heures de voyage m'attendaient pour rejoindre enfin mon homme, moi la petite nénette qui n'avait jamais effectué plus de 2 heures d'avion ... autant vous dire que je n'en menais pas large, avec ces longs courriers qui s'écrasaient les uns après les autres en ce mois d'août aux quatre coins du monde.
Et finalement qu'est-ce donc ? un peu d'attente, de rêverie, d'excitation, de marches entre les allées, de sommeil, le tout entrecoupé de repas, collations, boissons, assaisonné d’un bon cours de géographie. Ah oui, j’oubliais : un peu d’énervement contre ce foutu truc bidule débile qui est censé servir de télé individuelle … on ne me refera pas, n’est-ce pas !! (:D
Et puis voilà ce moment tant attendu, après des kilomètres de nuit, de nuages sans fin, d’océans entre aperçus, après six mois passés à imaginer cette terre rouge et désertique, nous survolons enfin l’Australie. Terre O combien mythique s'il en est.
Première région survolée : l’Auvergne, si si je vous assure ! Un petit coin paumé au nord-ouest de l’Australie, vers le Golfe Joseph bonaparte s’appelle Auvergne.
(http://www.world-airport-codes.com/australia/auvergne-467.html)
Et là, j'ai commencé à sourire et à ouvrir des yeux ébahis, éblouis … Comment vous dire ... ce pays est lumineux, c'est incroyable ! Et effectivement il n'y a rien, rien à perte de vue, mise à part cette fameuse terre rouge, cuite, desséchée, craquelée. Presque pas de dénivelé, presque pas de végétation ...
Et puis il y a ces lignes tracées au sol, irréelles, se coupant à angles droits comme des frontières africaines. J'ai mis du temps avant de réaliser qu'il s'agissait de routes ou de pistes, tout bonnement droites et infinies.
Ce n'est qu'en approchant de la côte est que l'aspect du sol se met à changer, prenant des couleurs plus vertes, se couvrant d'habitations, d'infrastructures ... de vie humaine, en somme.
Je vous passe rapidement l’arrivée à l’aéroport de Brisbane car j’y ai patienté deux heures, deux longues heures avant de pouvoir enfin faire tamponner mon visa, pour ensuite récupérer mes bagages et franchir cette douane, deux heures pendant lesquelles je savais que Steph devait se demander si j’avais bien pris ou non cet avion, ou si les douaniers australiens n'étaient pas en train de vider mon sac, t-shirt après t-shirt, et de m'enfermer pour contrebande !
Eh bien non, ce n'est pas la douane qui m'a retenue : j'y suis restée à peine 3 minutes ... Je m'en faisais un sang d'encre car en bonne française que je suis, mon sac était plein de choses à manger : bouteilles de vin, foie gras, chocolat (presque 2 kg !), crème de marron, toutes choses parfaitement autorisées en principe, mais un douanier reste un douanier. J’avais même dans mes poches des spéculos délicieux confectionnés par mon petit frère, et donc pour le coup formellement interdits. Tout est passé sans problème, sous le regard bienveillant d’un douanier compréhensif et amusé…
Alors message aux backpackers incorrigiblement franchouillards : quand vous passez la douane, ne cherchez pas à planquer ce que vous apportez avec vous, soyez de bonne foi et ça ira tout seul ! A condition bien sûr d’éviter le sauciflard et le calendos bien puant...
Et j'ai enfin pu retrouver mon Steph, qui m'attendait tout seul, bravement, dans la nuit australienne...