Si il y avait une chose que je voulais faire lors de mon voyage en Nouvelle Zelande, c'etait un saut en parachute. En general on prepare ca un peu a l'avance, il faut reserver, bref comme d'hab, je m'y prends au dernier moment ... enfin pour une fois c'est pas exactement ca (non je ne cherche pas d'excuses !) En fait sur la route du Tongariro Crossing (une marche tres connue dans l'ile du Nord), a cote du lac Taupo, Patricia me suggere de faire le saut aujourd'hui avancant le fait qu'on aurait peut etre pas le temps au retour ... Le temps est au beau fixe et le lac Taupo c'est un des endroits les moins cher en Nouvelle Zelande pour ce genre d'activite car les parachutes sont en papier recycle ... ?!? ... ( ; Coup de fil, plus de place ! Ca semble etre cuit pour aujourd'hui ... Puis sur la route on passe juste a cote de l'aerodrome qui acceuille pas moins de trois societes de saut en chute libre, situees les unes a cote des autres (En passant devant la base militaire instalee juste a cote de l'aerodrome, je me suis demande avec quelle genre de cibles ils pouvaient bien s'entrainer ?!? ...) Bref on demande, meme reponse: plus de place ... Puis on precise que c'est pour une personne ... Ah!? ... Alors oui c'est possible ! ... 10 minutes plus tard je me retrouve dans une combinaison rouge avec un harnais - "soigneusement dispose" pour eviter tout incidents douloureux - Pas le temps de cogiter, Patricia me demande si je suis content ... euh comment dire ?! oui ! ... c'est juste que la sur le coup je ne realise pas trop. On me presente a mon instructeur, Glenn, sympa et pas barbu (cf Bigard) ... il fait juste une tete de moins que moins, mais comme on dit "Size doesn't matter" ?! ...
Un type tourne autour de nous pour faire des videos, ici une video de la preparation au sol est offerte, par contre pour avoir juste quelque photos du saut ce n'est pas possible ... oblige de prendre le package photos + videos qui coute "juste 140$" ... le prix du saut ... non desole ca ne sera pas pour cette fois la photo souvenir.
Tout le monde est pret ... on ne tarde pas a monter dans l'avion ... a peu pres aussi confortablement installe que des poulets dans une ferme d'elevage intensif, on decole ... bizarrement je n'ai toujours pas d'apprehension ... On reconnait distinctement en lisant sur les visages, ceux qui vont sauter pour la premiere fois ..., les regards perdus dans le vide, chacun se prepare mentalement ... juste berce par le ronronement des moteurs ... Il y a juste un truc qui me tracasse un peu, je n'ai pas de parachute et je ne suis toujours pas attache a mon instucteur ! ... 5 minutes plus tard on devient plus intime avec Glenn: il m'attache et verifie mon harnais en me glissant de succintes consignes. Etant un des dernier a etre monte ... je vais etre un des premiers a sauter ... Je fixe la porte coulissante en plexiglas ... elle va bientot s'ouvrir ... la pression monte ... l'avion se met "a plat" ...
La porte s'ouvre: 4000 m de vide "nous contemple" ... Il y a 2 candidats avant moi ...
Tres rapidement c'est mon tour: je suis assis au bord de l'avion les jambes dans le vide, mon instructeur est toujours derriere moi - c'est plutot encourageant - je fixe le vide et la je me dis: "oh merde que c'est haut !". Bigard avait raison: meme si l'instructeur est un gros barbu ... on l'aime ! Pas le temps de cogiter plus longtemps ... on se retrouve sur le dos ... je vois l'avion une fraction de seconde ... puis sur le ventre a nouveau. Les premieres secondes sont terribles, j'ai l'impression que mon coeur va sortir par ma bouche, c'est l'acceleration jusqu'a 200 km/h puis la vitesse se stabilise et la c'est le bonheur ... Je suis juste au dessus du plus grand lac de Nouvelle Zelande, les montagnes sont ridiculement petites ... le plancher des vaches se rapproche a une vitesse fantastique ... 45 secondes deja ... c'est l'ouverture du parachute, une fraction de seconde d'angoisse en voyant les sangles qui me retienne a l'instructeur se detendrent : on passe de 200 a 70 - 50 km/h a l'ouverture de la toile ! ... il faut avoir "range ses affaires" sinon ca ne pardonne pas ! ... A cette vitesse j'ai le temps d'apprecier le paysage, Glenn nous fait faire prendre quelques virages serres ... mais la sensation n'a rien de comparable avec celle de la chute libre ... Retour sur le plancher des vaches avec la quasie aisance et grace de l'oiseau ... meme pas besoin de courir ... Une fois au sol j'ai un sourire qui me fend la pomme en deux ... heureux je suis de m'etre senti comme l'oiseau l'espace de ces quelques minutes.